Agnelli / Angeli « Une seule lettre les sépare »


 

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ARCHIVES – GIOVANNI AGNELLI PLONGE NU DE SON BATEAU AU LARGE DE SAINT-TROPEZ EN 1977

La Photo qui a valu à Daniel Angeli le titre de « Roi des Paparazzi »

« Le soir, j’envoie mes films et le lendemain l’agence m’appelle. Au développement, ils ont découvert quelques gestes compromettants entre Agnelli, une des invités et son sécrétaire.. Je suis le premier surpris et un peu gêné. Est-ce que cette fois, ça ne va pas trop loin? Les photos partent quand même pour l’Italie et deux jours plus tard mon correspondant m’appelle: « Agnelli veut te voir, il va te recevoir à Turin dans sa maison de Villa Perosa. » Je n’en mène pas large, mais j’accepte.

Je prends l’avion pour Milan puis une escorte, avec de vrais policiers, nous guide jusqu’à Turin. En arrivant à proximité de Villa Perosa je m’aperçois qu’il y a, sur la route, un carabinier tous les cent mètres! Agnelli est mieux protégé que le Président de la République! Nous sommes acceuillis par Madame, charmante, qui nous indique que son mari nous attend dans son bureau.

Il est là, magnifique avec son regard bleu, sa crinière blanche. D’emblée, il attaque sur le même ton que lors de notre dernière rencontre: « Vous savez qu’une seule lettre sépare nos deux noms? »

Puis il se tourne vers son secrétaire, celui des photos compromettantes: « Vous connaissez Monsieur Angeli, le plus célèbre des Paparazzi? » Puis il ouvre une bouteille de vin. Après tout est allé très vite: « Cela fait des années que je rachète vos photos pour les enfermer dans un coffre, celles-là (les tirages sont posés sur son bureau en un tas bien ordonné) je ne vais pas les racheter et je vais vous demander de me donner les négatifs. En échange, je vous offre ce que personne n’a obtenu de moi, un reportage ici, avec ma femme et mes enfants. » Pendant qu’il parle, j’observe, soigneusement encadrée et trônant sur son bureau, la photo de lui en train de plonger nu, et je me dis que j’ai à faire à un homme inouï. J’ai donc réalisé ce reportage exclusif d’un seigneur des temps modernes au milieu des siens et gagné à jamais sa confiance.

Quelques mois plus tard, alors que je suis en pleine saison de sports d’hiver, il m’appelle pour me proposer de venir à Saint-Moritz le lendemain et de l’accompagner pour une balade à ski avec sa famille! J’hallucine..

Mais ce n’est peut-être que lui qui parle car il ajoute: « Vous verrez, j’ai repeint mon hélicoptère comme mon bateau. »

Le lendemain après avoir crapahuté, franchi un col assez haut avec mon Range Rover, je suis à l’heure au rendez-vous. Je repère Agnelli sur le tarmac de l’héliport, gare ma voiture, crottée, pleine de neige et de boue, dis bonjour et j’entends alors « l’Avvocato », très sérieux: « Monsieur Angeli, où est donc votre avion? » Puis en direction de sa famille « Vous savez, il a même des sous-marins! »

Ce n’est rien de dire que cet homme m’a fait rêver, frémir, rire et tout à la fois. Il m’a surpris souvent, m’a ému toujours.

Il ne donnait pas de leçon, mais à bien des égards son comportement d’être humain donnait bien une leçon. »

Extrait du livre « Vies Privées » par Bernard Pascuito aux éditions Gründ
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